Rien d’étonnant quand on prend un peu de recul. Le pseudonyme est une vraie protection pour sa propre vie privée mais n’est d’aucune aide quand il s’agit d’attaquer les autres. La justice saura de toutes façons remonter à l’auteur des propos quand elle le souhaite.
Il n’est pas nouveau que les gouvernants s’impatientent de la liberté. Il est plus étonnant que le citoyen y consente, parce qu’il est inquiet bien sûr, mais plus profondément parce qu’il se pense moins désormais comme citoyen que comme individu, réclamant des droits pour lui et des supplices pour les autres, prêt à ce que la liberté de tous s’efface pour peu qu’on paraisse lui garantir la sienne, sous la forme d’une pleine capacité de jouissance des objets variés qu’il aime.
Et surtout, ne pourrait-on pas considérer que la curiosité est une passerelle, que les aventuriers d’un soir ressortiront de leur aventure plus tolérants − et que s’ils ont franchi la porte, c’est sans doute parce que leur adhésion à la normalité est négociable ? Le but est-il de rester dans la marge, ou de faire bouger la société ?
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Comme les dénonciations tendent à être publiques, elles favorisent un militantisme universitaire de salon, où la dénonciation constitue une fin en soi. La nocivité de cette culture réside non seulement dans sa diffusion, mais aussi dans sa nature et sa mise en scène. Sur Twitter ou sur Facebook, dénoncer quelqu’un n’implique pas une simple interaction entre deux individus : c’est un spectacle qui permet aux acteurs de démontrer leur éloquence et leur pureté politique.
Après le coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre 1799), Napoléon Bonaparte et ses alliés tentent d’effacer la notion même de clivage politique. Le nouveau régime se présente comme la seule voie raisonnable, et ce discours séduit de nombreux « modérés » de la décennie précédente.
Agnès Varda et Sandrine Bonnaire, sur le tournage de Sans toit ni loi.














